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Le faux marchand de bois |
n = pion noir O = pion blanc Diagramme A - Diagramme B - Diagramme C - Diagramme D
Le faux marchand de bois
Dans la série des positions d'enchaînement, la formation du faux marchand de bois vient directement à la suite de celle du marchand de bois. Cela est assez logique dans la mesure où ces deux figures bien particulières sont très proches l'une de l'autre et présentent des caractères fort semblables. La position du faux marchand de bois est aussi une position d'enchaînement dans la mesure où, d'une certaine façon, elle immobilise l'aile adverse. Cependant, l'immobilisation de l'aile adverse n'est pas aussi radicale qu'avec le vrai marchand de bois car l'absence de pion à la case 26 permet justement aux noirs de se mouvoir en attaquant constamment le pion 27 par (17-21). Parfois, en raison des circonstances de la partie, la formation du faux marchand de bois peut devenir défavorable. Son détenteur a alors la faculté de pouvoir s'en débarrasser de façon très simple par l'échange 31-26 (22x31) et 26x37 ou 36x27, en fonction de la situation existante. Mais la prise vers l'avant aura surtout lieu lorsque l'on s'approche de la fin de la rencontre. Un tel dégagement n'était pas possible avec la position du marchand de bois.
En résumé, on peut dire que c'est tout autant cette possibilité d'attaques successives sur le pion 27 par le joueur enfermé que la faculté que possède le détenteur du faux marchand de bois de détruire lui-même sa formation qui rendent ce type de jeu beaucoup plus souple que dans la partie du marchand de bois. C'est pourquoi plutôt que de parler d'immobilisation de l'aile, on dira plus volontiers que le faux marchand de bois contrarie la marche du jeu à un certain endroit du damier. Mais il n'y a pas de véritable blocage.
Les blancs viennent de jouer 32-27 et constituent ainsi la formation particulière du faux marchand de bois qui comprend les pions 27, 31 et 36. On s'aperçoit très vite de l'analogie avec la position du marchand de bois : avec un pion en 26, les blancs auraient obtenu la position normale du marchand de bois.
Les noirs ne peuvent plus jouer (16-21) à cause de la prise 27x 7 (qui peut être aussi 27x16 lorsque la case 7 est occupée). La suite (18-23) est de même interdite par la prise de deux pions 27x29 ou 27x 7. Et enfin, la poussée en avant (22-28) 33x22 (17x28) reste sanctionnée, tout comme dans le cas du marchand de bois habituel, du petit coup de ricochet 27-21 (16x27) 31x33.
Si l'attaque (17-21) reste souvent une manoeuvre jouable dans la partie du faux marchand de bois, permettant à l'opposant de poursuivre le développement de son aile, elle n'en est pas pour autant une solution miracle au problème que peut constituer la présence de ce faux marchand de bois. Il suffit aux blancs de laisser la prise en jouant un coup d'attente (supposons ici 40-35) et, après (21x32) et 38x27, la situation ne s'est guère modifiée puisque le faux marchand de bois est toujours bien là et que les coups (16-21), (18-23) ou (22-28) sont toujours impossibles. La seule manière de continuer à développer l'aile droite reste (11-17) ou (12-17) suivi ultérieurement de (17-21) mais par 42-38 (21x32) et 38x27, les blancs reviennent continuellement à la même place et conservent ainsi cette fameuse formation du faux marchand de bois, laquelle peut à la longue devenir fort gênante pour l'adversaire.
Un autre élément à ne pas perdre de vue dans cette forme de jeu est constitué par le fait que l'attaque (17-21) livre toujours à l'opposant un temps de repos qui peut être avantageusement utilisé en vue d'une quelconque combinaison. Le principe reste le même que sur n'importe quelle attaque de pièces.
Après 32-27, l'attaque (17-21)? deviendrait alors tout simplement désastreuse en raison de la réponse élémentaire 42-37 (la bonne utilisation du temps de repos), (21x32) et 37x 6.
Dans une telle situation, le blocage de l'aile était tout à fait réalisé et les noirs ne pouvaient vraiment plus rien jouer de ce côté.
Le joueur qui détient un faux marchand de bois possède, en règle générale, un certain avantage positionnel. Il évitera donc de perdre cet avantage en éliminant lui-même son faux marchand de bois si les circonstances ne s'y prêtent pas.
Ainsi, après 32-27 et, par exemple (19-23), il serait illogique que les blancs poursuivent ensuite par 31-26 (22x31) et 26x37 car ils abandonneraient de ce fait l'avantage positionnel obtenu un coup auparavant. Bien meilleur serait l'élimination du pion central des noirs par 33-29 (23x34) et 40x29 ou 39x30, avec maintien du faux marchand de bois.
Le faux marchand de bois peut se prendre aussi bien par les blancs que par les noirs et ce, à n'importe quel moment de la partie. En voici un exemple dans lequel ce sont les noirs qui, peu après l'ouverture, s'emparent de cette formation.
32-28 (19-23) 28x19 (14x23) 37-32 (10-14- 41-37 (14-19) 46-41 ( 5-10) 34-29 (23x34) 40x29 C'est cette prise en 29 qui va permettre aux noirs de placer la position du faux marchand de bois. Si les blancs avaient joué 39x30, cette formation n'aurait pas eu sa raison d'être. (19-24) et les noirs prennent ainsi le faux marchand de bois constitué des pions 15, 20 et 24. Toute l'aile droite des blancs est bloquée, à l'exception de la montée des pions arrière par 39-34 et 34-30, l'équivalent de (12-17) et (17-21) dans l'autre camp.
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